mercredi 13 octobre 2010

En ce moment, relecture -ou plutôt nouvelle dégustation!- d'un monument de la littérature poétique du XIXème siècle: Le spleen de Paris de l'immense Baudelaire... Une oeuvre de liberté absolue dans laquelle l'auteur, affranchi des formes, se laisse guider par ses sentiments et son génie!
Pour l'infortuné qui ne connait pas ce chef d'oeuvre, un avant-goût avec le premier texte du recueil : "L'Etranger"...

"— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !"

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